Forêt et biodiversité

dimanche 11 décembre 2011
par AVB

La forêt héberge une part importante de la biodiversité : 60 % des mammifères et 42 % des oiseaux. Quant aux insectes, ils représentent 75 % des espèces animales connues et ils ont une fonction très importante dans l’architecture de la forêt et de son écosystème dont l’arbre constitue un élément essentiel.

La surface forestière française est en croissance depuis le XIXe siècle, mais une grosse part de cette augmentation s’explique par la disparition de terres agricoles. Ce sont donc des forêts jeunes, qui n’ont pas les mêmes apports pour la biodiversité que les forêts anciennes, et représentent ainsi des espaces moins riches pour les nombreuses espèces favorisées par les vieux arbres. Les organismes saproxyliques sont des espèces d’insectes, de mousses, de champignons, de micro-organismes du sol très peu étudiées qui se nourrissent de bois morts et contribuent à sa décomposition. Elles sont essentielles à la chaîne alimentaire. Elles constituent un quart des espèces forestières et on estime que 20 à 50 % sont très menacées. Les futaies régulières très âgées, parcelles d’essence homogène de plus de 50 ans pour un bouleau et 200 ans pour un chêne, ne représentent que 2 à 3 % seulement des forêts. On constate donc une érosion de la biodiversité, même si elle est moindre qu’en zone agricole ou en forêt tropicale, qui menace indirectement 6 à 7 % d’espèces de mammifères et 18 à 20 % des oiseaux.

La sylviculture, part importante de la gestion forestière, peut, si elle est mal conduite, tronquer les cycles forestiers par la normalisation des coupes pour un meilleur profit commercial. De plus, la sylviculture se mécanise ce qui modifie les sols (par exemple par tassement) et les types de peuplements. Pourtant, la biodiversité devrait être au coeur des politiques de gestion forestière afin de limiter leur appauvrissement et lutter contre le réchauffement climatique. Pour favoriser cette biodiversité unique les scientifiques préconisent de :

laisser le bois mort en place, mais pas à proximité des chemins afin que ce ne soit pas dangereux pour les marcheurs,

laisser des chablis* isolés en places, les chandelles*, les rémanents*, laisser certains bois morts en situation ensoleillés.

garder des vieux bois vivants pour renouveler le bois mort et bénéficier de leurs cavités.

entretenir l’hétérogénéité du peuplement (âge et essence) au lieu de réaliser des coupes à blanc et d’introduire des espèces exotiques

conserver des îlots de vieillissement, un réseau de réserves intégrales

adapter les méthodes de gestion à chaque région.

augmenter les suivis afin d’améliorer les connaissances car à chaque nouvelle découverte le champ des possibles et des questions est démultiplié. Les écosystèmes forestiers sont le lieu d’une complexité inouïe.

* Ces termes désignent le bois mort : le chablis est un arbre mort au sol, la chandelle un tronc mort encore debout ; le rémanent désigne le bois mort, branches ou morceaux de troncs, abandonné par les forestiers car inexploitable.