Réhabilitation du réseau des étangs et rigoles du plateau de Saclay

samedi 25 juin 2011
par AVB

Le réseau des étangs et rigoles, réalisé afin d’approvisionner en eau les fontaines et bassins du château de Versailles sous Louis XIV, s’étend des étangs de Hollande à Rambouillet jusqu’aux étangs Gobert à Versailles (entre le quartier Saint- Louis et celui des Chantiers), en passant par l’étang de Saint-Quentin et le plateau de Saclay.

La partie située à l’amont de l’étang de Saint-Quentin -qui constitue le réseau supérieur- est le domaine du SMAGER (Syndicat mixte d’aménagement et de gestion des étangs et rigoles) ; celle située sur le plateau de Saclay, de l’aval des pistes de l’aérodrome de Toussus-le-Noble jusqu’à Versailles, est gérée par le SYB (Syndicat Yvette Bièvre). Entre les deux, c’est le domaine de la CASQY (Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines).

Il fonctionne aujourd’hui encore pour drainer l’eau et il a permis d’assécher le plateau jadis marécageux, pour le rendre cultivable.

Mais au cours du temps, chacun s’est servi de ce réseau pour ses besoins propres, sans réellement se soucier de l’impact de ses interventions sur les autres utilisateurs ni sur le fonctionnement de l’ensemble de cet ouvrage remarquable. C’est ainsi que l’accès à l’aqueduc de Buc a été bouché pendant la guerre afin d’éviter les intrusions indésirables par cette voie à l’aérodrome de Toussus. La rigole de Guyancourt, reliant l’étang de Saint- Quentin aux étangs de Saclay, a été coupée au niveau de l’aérodrome de Toussus lors du développement de ce dernier. L’aqueduc de Trappes, qui conduisait l’eau des étangs de Saint-Quentin vers les étangs Gobert en passant par le coteau de Satory, a été partiellement détruit lors des travaux d’édification du siège social de Bouygues à Guyancourt. La RN118 a coupé la rigole de Corbeville.

Pour ces raisons, les eaux de ce réseau n’alimentent plus les étangs Gobert aujourd’hui et sont dirigées vers la Bièvre, soit directement depuis l’étang de Saint-Quentin, soit via le ru Saint-Marc à l’aval de Toussus.

La réhabilitation de ce réseau, aujourd’hui convoité pour évacuer les eaux de ruissellement de l’urbanisation envisagé sur le plateau de Saclay, est cependant à l’ordre du jour, y compris pour ramener l’eau jusqu’au château de Versailles. C’est le SYB qui en est chargé.

Les travaux en cours concernent la rigole de Châteaufort entre la commune de Châteaufort et le Bassin des Biches à Villiers le Bâcle. (photos de l’avancement : http://www.s-yb. fr/actualites.php). Viendra ensuite le tour de l’aqueduc des Mineurs et, en 2012, celui de la rigole de Corbeville entre Polytechnique et le CEA ; enfin, celui de l’étang du Pré Clos à Buc.

Restauration du réseau des rigoles : position de Versailles Grand Parc

Interrogé pour le Castor, le représentant de la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc (VGP) rappelle son « intérêt pour le projet de réhabilitation du réseau des rus et rigoles, réseau qui constitue un élément fort de l’identité et du patrimoine du plateau de Saclay, sans parler de ses fonctionnalités hydrauliques, écologiques et agronomiques ».

Cet intérêt s’est traduit pour VGP par une participation au financement des études en cours sur le plateau de Saclay sur ce thème.

VGP rappelle encore qu’un contrat, en cours de signature entre la Région Île-de-France et les quatre agglomérations du plateau de Saclay, a identifié la restauration de l’aqueduc des Mineurs (en souterrain entre Villiers-le-Bâcle et les étangs de Saclay) comme une action prioritaire et en a prévu le financement.

Concernant la reconnexion du réseau des rus et rigoles au château de Versailles, VGP a demandé qu’en collaboration avec l’EPPS (Établissement Public Paris-Saclay) et les différents syndicats des eaux concernés, les différentes hypothèses d’approvisionnement soient approfondies, afin de mieux qualifier la ressource en eau disponible tant en termes de quantité, que de qualité, de pérennité dans le temps, de coût économique ou environnemental. VGP souligne toutefois qu’il s’agit d’un patrimoine de l’État sur lequel la communauté d’agglomération n’a pas compétence.

Une autre hypothèse est étudiée : celle de l’approvisionnement en eau brute non traitée par l’usine de Louveciennes.