ÉDITO

samedi 25 juin 2011
par AVB

Ce numéro du Castor arrive dans les boîtes aux lettres avec l’été et votre sensibilité à l’actualité est peut-être déjà émoussée par la perspective des vacances.

Il convient sans doute alors de commencer par les bonnes nouvelles !

Un vent de raison semble avoir soufflé sur le Grand Paris et certains aspects pharaoniques du projet se sont envolés. C’est le cas du métro automatique lourd entre Versailles, Saclay et Massy, remplacé par un métro automatique « léger » (type Val) de Versailles à St Quentin, Massy puis Orly, le long de la limite sud du plateau de Saclay (voir article ci-contre). Ne nous réjouissons pas trop vite toutefois tant que les détails du projet ne sont pas connus.

Ensuite, en ce qui concerne le plan Campus, on commence à envisager un transfert partiel et non plus, comme envisagé jusqu’à présent, de l’ensemble des unités de Paris XI (dont Orsay, Châtenay, etc) sur le Plateau. Encore un effort !

Mais Le Castor revient aussi dans ce numéro sur des nouvelles moins réjouissantes qui concernent le mode de développement de certaines communes de la vallée de la Bièvre et plus particulièrement son impact sur les paysages, à la limite entre la zone urbaine et les zones agricoles ou naturelles. Ces zones de transition, lisière entre les bois ou les champs et l’espace urbain, sont particulièrement importantes pour l’impact visuel sur les paysages et l’image qu’elle donne des communes dans lesquelles on pénètre. Accueilli par les haies des jardins, une zone industrielle, ou bien un alignement d’immeubles, le visiteur ou l’habitant ne se fait pas la même idée de l’identité de commune qu’il traverse ou qu’il habite. Pourquoi dans ce cas accepter de laisser dégrader la qualité des abords de zones urbaines comme on le voit dans plusieurs projets récents ? Le front urbain créé par les immeubles de l’entrée nord de Buc donne l’impression d’entrer dans une ville dense, pas dans un village. Les lotissements envahissant les champs à Saclay Val d’Albian et à Toussus ressemblent à une série de boîtes posées dans les champs, selon des méthodes d’urbanisation des années 70 dont on espérait qu’elles avaient disparu. Cette façon de remplir les zones agricoles avec des habitations aboutit à des espaces urbains sans âme, ni campagne ni village ni ville, sans transition avec leur environnement agricole ou naturel. Nos architectes et urbanistes contemporains en sont ils réduits à faire du « fonctionnel » ? Mais sont-ils seulement consultés pour ces projets qui ressemblent plus à des opérations immobilières au coup par coup, sans vision du développement à long terme des territoires urbains ?

La beauté perdue de ces lieux l’est pour très longtemps et elle n’était pas un luxe, mais une partie essentielle du plaisir d’y vivre ou d’y passer un moment.

Cela vaut bien de s’indigner de ce gâchis et de rappeler que l’on peut construire autrement, ou même de faire appel pour l’occasion à la sagesse de Pierre Dac : « Il n’y a rien de plus difficile à consoler qu’un paysage désolé ».

Olivier Lucas