La flore de la vallée de la Bièvre

lundi 14 juillet 2008
par AVB

La biodiversité se mesure à l’abondance et à la variété de la vie sauvage. La flore, en particulier, a un rôle vital dans le maintien et l’équilibre naturel. Sans plantes sauvages, beaucoup d’insectes et petits mammifères, ainsi que de nombreux micro-organismes disparaîtraient, les végétaux constituant une grande partie de leur nourriture et de leur habitat.
A cet égard, il suffit de comparer les populations d’insectes vivant le long des zones fleuries, selon que celles-ci sont traitées ou non avec des herbicides.
Dans la vallée de la Bièvre, on trouve une variété complexe d’habitats définis par leurs propres associations végétales que nous décrirons plus loin. Ainsi la forte présence de libellules qui se chauffent au soleil dans les roseaux le long de la Bièvre s’explique certes par la qualité physico-chimique de l’eau de la Bièvre permettant leur développement larvaire mais aussi par la présence des plantes dites de roselière*.
*Une roselière ou phragmitaie est une zone en bordure de lacs, d'étangs, de marais ou de bras morts de rivière où poussent principalement des roseaux.

LA GESTION DE LA FLORE DES BORDS DE BIÈVRE

Afin de préserver ce patrimoine il convient de mener différentes actions qui assurent l’entretien des berges de la rivière.
Située dans les zones de contact entre les milieux terrestre et aquatique, la végétation des berges joue un rôle important au sein des écosystèmes. Elle crée une mosaïque d’habitats favorables aux espèces aquatiques, ainsi que la nidification avifaune et constitue une source de nourriture sans cesse renouvelée. Elle maintient les berges, freine le courant lors des crues et filtre les pollutions diffuses.
La Bièvre est une rivière dite « non domaniale » et, à ce titre, il est du devoir du propriétaire de la berge d’entretenir la partie qui lui appartient.
Le SIAVB (Syndicat Intercommunal d’Assainissement de la Vallée de la Bièvre) est mandaté par les communes de la vallée pour l’effectuer dans un souci d’uniformité et de continuité hydraulique sans dommage au milieu naturel.
Il réalise chaque année des actions d’aménagement de la rivière, dont les principes essentiels sont les suivants : les interventions sur le lit et les berges doivent maintenir un profil le plus naturel possible et conserver des substrats (graviers, cailloux, blocs) indispensables au développement de la faune aquatique. La végétation doit être préservée car elle remplit de multiples fonctions. Il est important de conserver plusieurs variétés et générations d’arbres afin d’assurer la stabilité et la pérennité des berges. Lorsqu’il y a obligation d’abattage d’arbres en cas de gêne à l’écoulement, il est impératif de ne pas dessoucher afin de maintenir la stabilité de la berge.
Les opérations d’entretien des berges qui sont réalisées chaque année consistent à effectuer un fauchage sur les berges et un faucardage dans le cours de la rivière.
Sur la plus grande partie du linéaire des berges : le fauchage complet est réalisé avec des prescriptions évitant la dégradation des milieux et des habitats. Mais la hauteur de coupe des herbes ne doit pas être rase afin d’éviter la mise à nu de la berge ce qui favoriserait son érosion future.
Parfois sur certaines zones dont la végétation doit être préservée, un fauchage sélectif est exécuté afin de préserver des essences et des plantes spécifiques aux bords de rivière qui favorisent la tenue des berges et la biodiversité végétale et animale. Pour aider à ce fauchage sélectif le SIAVB utilise parfois des animaux : à Verrièresle- Buisson trois à quatre génisses en provenance de la ferme de Viltain à Jouy-en-Josas investissent les neuf mille mètres carrés mis à leur disposition. Elles aident à la biodiversité. Comment ? Les refus de broutage dans les pâturages permettent le développement complet de certaines espèces qui ne pourraient pas réaliser leur cycle de vie lors d’un « fauchage à blanc ».
Le faucardage vise à assurer le bon écoulement des eaux, à éviter l'étouffement de la rivière lié aux problèmes d'oxygène, aux excès de matières organiques, et à supprimer les obstacles à la circulation des poissons. Il consiste essentiellement à effectuer la coupe des herbes du lit mineur des cours d’eau. Les opérations comprennent le recépage** et l’enlèvement des buissons, arbustes et arbres faisant saillie sur les berges et sur le lit de la rivière.
Cependant, il doit être modéré afin d'éviter les variations trop brutales de la qualité des eaux, maintenir les zones de reproduction, d'alimentation et de repos de la faune aquatique ainsi que les capacités auto-épuratrices de la rivière. Il doit veiller également à protéger les berges et limiter les phénomènes d'érosion grâce aux herbiers qui constituent un frein hydraulique.
Le faucardage est programmé par secteurs limités préalablement définis pour éviter de déséquilibrer le milieu. Il est réalisé en septembre après la période de frai des poissons. Le faucardage « à blanc » est à proscrire en maintenant de la végétation sur au moins un quart de la surface en eau.
 
La vallée de la Bièvre et sa flore sont fragiles ; contentons-nous d’admirer leurs beautés et laissons- les dans leur habitat.
Une des espèces remarquables que l’on peut croiser sur les bords de Bièvre : L’Ophrys abeille (Ophrys apifera)
 
S’il faut souvent préserver, il est parfois indispensable de contenir le développement de plantes nuisibles à l’écosystème.
Depuis plusieurs années, une plante néfaste pour l’écosystème prolifère de façon inquiétante sur l’ensemble du territoire et provoque de profondes modifications des structures végétales autochtones. Il s’agit de la Renouée du Japon. La Renouée d’Asie, introduite en Europe au 19e siècle est très invasive. Elle empêche le développement de la flore sauvage.
A l’heure actuelle, il n’existe pas de solution miracle pour éliminer cette plante et les recherches qui sont menées s’orientent plutôt vers une régulation de la population afin d’éviter sa prolifération.
Pour la régulation de la Renouée du Japon sur le périmètre du SIAVB, aucun traitement chimique n’est réalisé sur la Bièvre et ses affluents. Le traitement spécifique sera entièrement biologique. Il est de deux sortes : soit par fauchage sélectif (4 fois/an) ; soit par compétition interspécifique. En 2004, des plantations ont été effectuées sur une parcelle expérimentale de la commune de Bièvres afin de lutter contre la Renouée du Japon (domaine des Damoiseaux). Ce type de traitement a apporté des résultats positifs avec une réduction de croissance des plants.

Promenade-découverte

Pour admirer différentes zones des berges de la bièvre, nous vous proposons une balade sur ses bords depuis les étangs de la Geneste jusqu'à l'aqueduc de Buc.

Munissez-vous d’une loupe de grossissement (x10) qui vous permettra de découvrir les détails les plus fins des plantes que vous croiserez.

L’itinéraire proposé permet de découvrir un patrimoine écologique varié : boisements, zones humides, pelouses…
Cette promenade (durée 1 h 15) a l’avantage de pouvoir être menée comme l’on veut puisque tous les chemins, partant sur la droite, que l’on croise, permettent de se retrouver sur l’itinéraire du retour au bout de 25 à 50 m.

Rubanier dressé

Arriver par le CD 91, trouver le « chemin du Val d’Or », qui vous amène au parking des étangs de la Geneste. A la barrière, prendre sur la gauche. A 20 m. prendre à droite le chemin qui longe la Bièvre. Suivre les méandres ombragés (1). En sortie de la zone boisée, vous vous trouverez sur les berges de l’étang, une zone de l’étang de type Cariçaie (2) (Prairie de milieu humide dominée par des espèces du genre Carex). Les espèces à observer sont : la Scirpe, le Rubanier dressé, Cresson, Laîche des marais... Continuer tout droit en longeant la rive gauche de l’étang (3). Continuer jusqu’au bout de l’étang, rejoindre la cabane, descendre l’escalierà gauche et suivre à nouveau les méandres de la Bièvre. Vous rencontrerez une Mégaforbiais (4) (Formation végétale de hautes herbes, souvent à larges feuilles, se développant en sol humide et riche).

Salicaire

Vous pourrez observer : des Eupatoires chanvrines, des Salicaires, la Grande consoude, des Epilobes hirsutes...

Laîche des marais

Ces méandres sont plus ensoleillés que les précédents et vous mèneront jusqu’au parking de la mairie de Buc (25 à 30 minutes depuis le départ). Au parking longer la Bièvre, traverser au feu. Continuer tout droit. Retrouver la Bièvre, traverser deux ponts, tourner à droite en suivant la Bièvre. Continuer, repasser sur un pont en bois. Au pied des arcades (5), vous découvrirez dans les sous bois, une zone appelée ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique), secteur du territoire particulièrement intéressant sur le plan écologique, participant au maintien des grands équilibres naturels ou constituant le milieu de vie d’espèces animales et végétales rares, caractéristiques du patrimoine naturel régional.

Cresson des marais

En arrivant à la grille qui marque le passage sous l’aqueduc, suivre le chemin qui monte sur la droite. A la barrière, tourner à droite et commencer le retour (40 minutes du départ). Descendre puis remonter (paliers). A la route descendre sur la droite. En bas, continuer tout droit, rue de l’Egalité, sur 500 m. Au début de la forêt, on trouve à 10 m sur la gauche, le chêne de Louis XIV. Continuer tout droit jusqu’à l’étang, le longer en le laissant sur sa droite. Suivre la route forestière de Buc jusqu’au parking (15 mn de marche encore).

Astuces du Castor botaniste :

Vous ne vous tromperez plus !

Lorque vous voyez cette plante :

Vous l'appelez un roseau !

Il s'agit en fait en nom vernaculaire d'une Massette (Tifa latifolia)

Le vrai roseau (Phragmites australis) est ici :

** Le recépage est une taille drastique qui a lieu en hiver pour renouveler la ramure d'arbres trop vieux ou malformés, ou plus simplement pour provoquer la naissance de jeunes rameaux plus vigoureux.