OIN : Une ville nouvelle sur le plateau de Saclay ?

dimanche 14 janvier 2007
par AVB

Emprise de l'OIN

 
Une « ville nouvelle » sur le plateau de Saclay, c’est bien là l’enjeu. Les promoteurs du projet, Dominique de Villepin et Bertrand Landrieu – Préfet de la Région Ile-de-France – ne le présentent pas comme ça. Ils affichent plutôt un projet qui vise à accompagner le développement de la recherche dans cette partie d’Ile-de-France pour lui donner une « visibilité mondiale ».

Recherche-emploi-logement, qui peut se permettre d’être contre ?

Voilà pour le papier cadeau. Mais qu’y a-t-il à l’intérieur ?

Dès le lancement du projet, le doute était permis puisque la lettre de mission du Premier Ministre au Préfet de Région du 18 novembre 2005 indiquait : « le moment est venu de conduire sur le plateau de Saclay une grande opération d’urbanisme d’intérêt national, dans ses différentes composantes économiques et résidentielles  ».

Depuis, les craintes n’ont fait que croître puisque le premier rapport du Préfet de Région a identifié une liste de terrains appartenant à l’État qui pourraient servir de base pour démarrer l’urbanisation. Or ces zones ponctuent le territoire du projet de manière anarchique et la plupart sont situées en zones naturelles ou agricoles, quand ce n’est pas en zone naturelle classée (par exemple, en vallée de la Bièvre) ! C’est ce que le Préfet appelle joliment la « peau de léopard ».

Enfin, et c’est sans doute le révélateur le plus sérieux, ce projet d’OIN prévoit comme « colonne vertébrale » un transport en commun dit lourd, c’est à dire un RER, en travers du plateau de Saclay. Or il n’est pas besoin d’être un grand urbaniste pour constater que l‘urbanisation de la région parisienne s’est développée le long de ces moyens de transport en commun, ce qui est bien logique. Comme par ailleurs une telle coupure du plateau de Saclay rendrait inexploitables les terres agricoles qui l’occupent encore aujourd’hui , il ne resterait plus qu’à étendre les « tâches de léopard » pour terminer l’urbanisation de ce territoire si convoité. Un objectif pour certains, un cauchemar pour d’autres qui croient que le développement de la recherche et du logement peuvent se faire sans sacrifier la dernière zone verte de ce territoire.

Un seul engagement figure dans les documents du projet d’OIN :

on ne fera pas « une ville nouvelle des années 70  ».
Nous voilà rassurés !!!