Qualité de la Bièvre : L’assainissement en question !

dimanche 14 janvier 2007
par AVB

L’actualité de la fin d’année a donné priorité aux PLU et aux risques d’inondation, mais la qualité de l’eau dans la Bièvre revient à la une avec la publication du rapport du SIAVB sur l’état de notre rivière. De ce volumineux ouvrage nous pouvons extraire trois points importants qui conditionnent notre comportement à tous vis-à-vis de la Bièvre : les rejets pluviaux, l’analyse de la qualité des sédiments et la santé de la faune et de la flore de la rivière.

L’analyse des rejets pluviaux nous montre la présence d’une contamination fécale d’origine humaine récurrente. En effet, sur dix rejets examinés, quelque soit le temps, huit d’entre eux sont très mauvais. Celui de la rue du moulin à Igny paraît le plus dégradé.

Ces mauvais résultats mettent en évidence le mélange d’eaux usées à ces rejets pluviaux. Cela prouve que de nombreuses anomalies subsistent en matière de raccordement au réseau de collecte des eaux usées (on peut aussi invoquer le fonctionnement détérioré d’anciennes fosses septiques mal entretenues). Ces rejets provoquent dans la rivière ce que l’on appelle l’eutrophisation : les algues envahissent le lit de la rivière et, privant d’oxygène le reste de la végétation et de la vie animale, amènent la mort progressive de celle-ci.

Les sédiments qui se déposent dans la Bièvre nous renseignent sur l’impact de la proximité des routes et parkings sur notre rivière ainsi que sur l’importance du ruissellement des toitures de nos villes et villages. Les pluies lessivent ces espaces goudronnés et imperméabilisés et se déversent directement dans la Bièvre. Les indicateurs présents dans ces sédiments sont les métaux lourds déposés par les échappements des voitures et présents sur les toits. Leurs concentrations ne dépassent les normes sur aucun des sites d’analyse. Néanmoins il serait préférable de recueillir ces eaux de ruissellement et de les traiter avant de les rejeter à la rivière.

La santé de la flore et de la faune de la Bièvre ou, qualité hydrobiologique, se mesure en inventoriant les espèces d’invertébrés présentes. Elle dépend de la qualité de l’eau mais aussi des aménagements décidés par l’homme. Par exemple, si le cours de la rivière est naturel ou canalisé ; la présence de végétations adaptées sur les berges permet à cette faune de se développer et aux poissons qui s’en nourrissent de se reproduire dans de bonnes conditions. L’équilibre entre toutes ces espèces est alors maintenu et la rivière vit.

La Bièvre, dans ce domaine, présente une qualité moyenne sur l’ensemble du cours d’eau.

Cependant une amélioration est constatée pour deux stations sur les neuf étudiées avec une qualité jamais atteinte depuis 1998 : station du SIAVB à Igny et la Sygrie (ferme Ratel). Seule la station Cambacérès à Verrières-le-Buisson est médiocre.

Ce constat témoigne donc de la bonne réactivité de la Bièvre.

Mais ce bilan nous montre qu’il faut :

  • Lutter contre les rejets polluants en améliorant le taux de raccordement des habitations riveraines et en améliorant la collecte et la dépollution des eaux pluviales.
  • Eviter de créer de nouveaux rejets non maîtrisés.
  • Prendre soin de la végétation de la Bièvre et de ses rives pour restaurer l’habitabilité de la rivière pour la faune aquatique.

Chacun est partie prenante de la défense du milieu naturel si précieux en zone urbaine.

Certaines actions relèvent de la collectivité mais d’autres sont à notre portée comme de s’assurer du raccordement correct à l’égout de notre habitation, la vérification de l’état de fosses septiques encore existantes ou la détection de rejets sauvages.

Nous sommes tous concernés, riverains et promeneurs ! Soyons acteurs pour la santé de notre vallée…