Saclay : Le CEPr menace-t-il l’environnement

samedi 23 avril 2005
par AVB

Une enquête publique a été lancée pour mettre à jour la situation administrative du Centre d’Essais des Propulseurs (CEPr), à Saclay. C’est l’occasion d’examiner la façon dont fonctionne ce site et de proposer des améliorations.

Le CEPr ?
Le centre d'essais des propulseurs est situé en bordure des étangs de Saclay. Relevant de la Délégation Générale pour l'Armement (DGA), le CEPr assure les prestations d'expertise et d'essais de moteurs au profit des grands programmes aéronautiques civils et militaires. Environ 800 personnes y travaillent.

La première remarque que l'on peut faire concerne l'implantation du CEPr :

« En plein désert en 1946, lors de sa construction », comme il est écrit dans l'étude d'impact, le CEPr se trouve maintenant au milieu d'espaces agricoles grignotés par l'urbanisation : par exemple le dernier projet de Saclay,
sur le haut du Val d'Albian et le souhait de Saclay d'élargir l'urbanisation
du village.

  • L'activité du Centre génère du bruit. Les dernières mesures fa ites, le 13 février 2003, ainsi que le niveau sonore variait selon les moments, en limite de propriété, entre 70 dBA et 93 dBA. Ce qui dépasse le seuil autorisé
    réglementairement.
  • Le stockage d'ammoniac, de fioul lourd, de kérosène, pourrait devenir une cause d'atteintes aux populations environnantes.
  • Les eaux usées sont traitées dans une station d'épuration dont les capacités sont largement dépassées depuis quelques années, du fait d'eaux parasites : on a constaté un dépassement de 50 % en 2003, 41% en 2002, 77 % en 2001, 59 % en 2000 ...
  • Les eaux industrielles et les eaux de refroidissement sont rejetées directement dans l'étang neuf de Saclay, sans traitement particulier, ainsi que les eaux pluviales (pour c elles-ci, on ne fait pas la distinction entre celles qui viennent des toitures et celles des parking et voiries qui justifieraient un déshuileur) ; pas de contrôle de la température del'étang neuf, malgré le rejet d'eaux de refroidissement .
  • Si les polluants rejetés dans l'air semblent être dans des normes acceptables, puisqu'en dessous des seuils admis par l'arrêté du 14.12.2002, pour les oxydes de soufre, les oxydes d'azote et les dioxydes d'azote, la production en CO2 (gaz à effet de serre) est énorme : pour un seuil souhaité de 10 tonnes par an(arrêté du 14.12.2002), le rejet dans l'atmosphère était de 29874 tonnes en 2000, et encore de 24974 tonnes en 2003.
  •  Aucune mesure quantitative des déchets produits par le Centre n'a été faite ; les déchets sont triés en deux parts, les déchets ménagers et assimilés (DMA) et les déchets dangereux. Il n'existe pas de cartographie des différents lieux de stockage des déchets dangereux. Certains reposent directement sur le sol, sans protection contre les ruissellements ; tout est à faire en matière de prévention dans ce domaine.
  •  Enfin une analyse de l'eau de l'étang neuf, en 1999, place cette eau en catégorie 2 (passable) à catégorie 3 (médiocre), avec une pré s e n c e anormale d'hyd ro c a r b u res totaux.

Le CEPr contribuant à l'activité de l'i ndustrie de haute technologie et étant un organisme d'Etat, à travers la Délégation générale à l'armement (DGA), se doit d'être exemplaire .

Les « Amis de la Vallée de la Bièvre » ( AVB) demandent que, compte tenu du re tard accumulé pour la protection des populations alentour et de l'environnement, des mesures soient engagées dès 2005 :

  •  la mise en place de séparateurs à hydrocarbures et décanteurs pour les rejets d' eaux pluviales dans l'étang neuf et la mise en place d'un contrôle régulier de pollution sur le réseau de refroidissement ;
  •  l 'inspection de l'ensemble des réseaux « eaux usées » et la programmation des travaux de remis en état, de façon à éviter les eaux parasites avant la station d'épuration ;
  • la mise en place d'un suivi de températ ure de l'étang neuf et la limitation de l'augmentation de température éventuelle ;
  • la mise en place de contrôle des rejets atmosphériques des bancs d'essai ;
  • la mise en place de rétentions sous les stockages de produits dangereux ou déchets dangereux ;
  • le suivi des déchets dangereux ;
  • la diffusion d'une information aux populations sur la conduite à tenir en cas de survenance d'un incident majeur ;
  • la création d'une commission locale d'information et de surveillance ;
  • un périmètre de sécurité important autour du Centre, avec interdiction de toute construction.

Une procédure de sécurité qui fait appel, en cas d'urgence, aux pompiers d'Igny, qui ne sont plus à Igny depuis plusieurs années, montre l'absence de mise à jour des consignes de sécurité ; les AVB demandent donc une mise à jour immédiate de ces consignes.

Si l'on veut maintenir le CEPr à cet endroit, il faut clairement geler toute implantation humaine supplémentaire dans un périmètre suffisant pour que les nuisances et les risques ne puissent atteindre la population. La question se pose vis à vis des extensions de Saclay Val d'Albian , de Jouy-en-Josas, HEC, et le projet de bureaux sur l'ancienne ferme de Villeras .

NB. Pour connaître le texte exact déposé par les AVB auprès du commissaire enquêteur sur l'enquête sur le CEPr se reporter au site des AVB : www.avbnet.org